samedi 29 décembre 2012

La gauche française mal à l’aise face aux islamistes d’Ennhadha


La gauche française mal à l’aise face aux islamistes d’Ennhadha

Défendons notre pré-carré tunisien
Au-delà des soucis d’agenda, il reste une méfiance viscérale d’une grande partie de la gauche française pour une transition démocratique dominée par des islamistes. La gauche française n’a pas forcément le bon logiciel pour soutenir le nouvel alliage entre la démocratie et l’islamisme, qui lui est vendu à Tunis




« Un trou noir ». Voici l’expression brutale qui aura été utilisée au Quai d’Orsay pour décrire l’anéantissement des autorités françaises lorsque l’ancien président Ben Ali s’envola, le 14 janvier 2011 à 18 heures, en direction de Djedda en Arabie Séoudite où feu le prince Naief, ministre de l’Intérieur du Royaume et grand amateur de chasse au sanglier en Tunisie, lui offrait l’asile. Après vingt trois années de complaisance avec le régime ultra autoritaire qui régna à Tunis, la diplomatie française est condamnée à tourner soudainement la page.
Ce qu’elle fit, alors que Nicolas Sarkozy était encore à l’Elysée, à la hussarde. Nouvel ambassadeur de France en Tunisie après le départ de Ben Ali et proche de l’ex chef de l’Etat dont il fut le conseiller, Boris Boillon mettra la même vigueur à défendre la cause des islamistes tunisiens qu’il l’avait fait précédemment pour plaider en faveur des néo conservateurs américains en Irak ou en Afghanistan. « Lorsque Boris est arrivé à Tunis, je lui aie donné deux conseils : sois prudent avec les médias, pour ne pas mettre le feu aux réseaux sociaux, et utilise l’arabe avec modération, pour ne pas froisser la bourgeoisie francophile. Il a fait juste l’inverse… », raconte l’ancien ambassadeur de France à Tunis, Yves Aubin de la Messuzière .

Une belle leçon d’humilité !

Un mois après le départ de Ben Ali, Alain Juppé est nommé à la tète du Quai d’Orsay en février 2011. Le discours officiel change du tout au tout. Les déclarations du ministre des Affaires Etrangères, en voyage officiel à Tunis en avril, vont dans le sens d’une approche du monde arabe radicalement nouvelle. « Nous, Français, pensions très bien connaître les pays arabes, déclare le ministre, nous en ignorions des pans entiers ». Et d’ajouter : « Trop longtemps, nous avons brandi la menace islamiste pour justifier une certaine complaisance à l’égard des gouvernements qui bafouaient la liberté ».
Nous voici à mille lieux de la rhétorique qui, de Jacques Chirac à Nicolas Sarkozy, vantait « le miracle tunisien » du président Ben Ali, seul rempart contre le mal absolue que représentait l’intégrisme ! En février toujours, Ghannouchi aura été la première personnalité de la Tunisie nouvelle à être reçu à Paris. Dans la foulée, les voyages ministériels se multiplient, y compris des personnalités comme Eric Besson ou Frédéric Mitterrand qui passaient pour très proches de l’ancien régime. « C’est l’époque où l’ancien ambassadeur, Boris Boillon, raconte un diplomate, se vantait de recevoir un ministre par jour, même s’ils ne connaissaient guère leurs dossiers ». Faisons table rase du passé. Tel est le message de Nicolas Sarkozy et de ses proches, forts de leur alliance avec le Qatar et de leur intervention en Libye en faveur du fameux printemps arabe.
A l’époque, les aides financières confortent le nouveau cours de la politique française. En Mai 2011, le sommet de Deauville, auquel participent le premier ministre tunisien d’alors, Beji Caïd Essebsi et Nicolas Sarkozy, consacre l’appui de la France à la transition tunisienne à hauteur de 450 millions d’euros (dont une partie d’anciens crédits recyclés). Mais cent quatre vingt millions d’argent frais est investi en faveur d’un vaste plan de réduction des inégalités et de création d’emplois dans les régions défavorisées de l’intérieur. A la manœuvre de cette forte initiative, le brillant ministre de l’emploi d’alors, Said Aidi, et Dov Zerav, un juif tunisien qui préside l’Agence française pour le Développement (AFD), le bras armé financier du Quai d’Orsay. Cette coopération réussie portant sur la Tunisie des oubliés, celle qui a déstabilisé Ben Ali et voté en masse pour les islamistes, est sans doute l’initiative la plus spectaculaire menée par la France en faveur de la transition démocratique en Tunisie.
La France et la Tunisie ont en effet besoin l’un de l’autre. Les islamistes tunisiens ne peuvent pas se priver de l’appui français. Avec un budget annuel de coopération de quarante millions d’euros par an, la Tunisie reste le pays le plus aidé par la France par tète d’habitant. A l’inverse, mille deux cent entreprises françaises étaient présentes en Tunisie sous Ben Ali. Détail amusant, le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali a demandé à la France de l’aider à former une équipe de communicants pour améliorer son image.
Par un paradoxe inattendu, les relations de Nicolas Sarkozy, soutien indéfectible de Ben Ali, deviennent excellentes avec les islamistes tunisiens, même après son départ du pouvoir. Le Premier ministre tunisien rend une visite éclair à Paris le 28 juin dernier à Jean Marc Ayraut, qui vient d’être nommé à Matignon. Or ce jour là, il aura discrètement un entretien privé dans un discret appartement du 17eme arrondissement avec l’ancien chef de l’Etat. De l’inédit dans la tradition diplomatique française .

« Ni indifférence, ni ingérence »

Après l’arrivée de François Hollande au pouvoir en mai dernier, les relations de la France avec la troïka au pouvoir, Rachid Ghannouchi, le patron des islamistes, Moncef Marzouki, chef de l’Etat et Mustapha Ben Jaffaar, président de la Constituante, prennent un tour plus apaisé. Sans agressivité certes, mais sans complaisance non plus, lorsqu’un groupe de salafistes donne l’assaut à l’ambassade américaine, le octobre 2012. Après ce grave dérapage, Ghannouchi était venu en effet s’expliquer auprès des alliés occidentaux, notamment à l’ambassade de France. L’explication fut franche. « Les salafistes sont des brebis égarées, plaide le Cheikh, nous étions absents sous Ben Ali, exilés ou en prison, lorsque ces jeunes se sont convertis à un islam radical. Nous leur faisons boire désormais au lait des valeurs démocratiques, quitte à les réprimer, s’ils franchissent la ligne jaune».
Depuis septembre, l’attentisme français est incarné avec doigté par un des diplomates les plus expérimentés du Quai d’Orsay, François Gouyette. Voici un ambassadeur fort actif capable de prendre un petit déjeuner avec « le Cheikh », Rachid Ghannouchi, de s’autoriser une rapide escapade, rue de Palestine, au local du Parti des Travailleurs Tunisiens du Melenchon tunisien, Hamma Hammami, ou de diner enfin à une bonne table de Gammarth ou de Lamarsa avec des hommes d’affaire un tantinet nostalgiques de l’ère Ben Ali.
« Ni ingérence, ni indifférence », résumera récemment sur place le maire de Paris, natif du pays, Bertrand Delanoe, devenu le « monsieur Tunisie » du PS malgré ses compromissions passées avec le régime défunt, aujourd’hui apparemment oubliées . Du coté d’Ennahdha, l’heure est à la banalisation de la relation franco tunisienne. « La France reste un pays ami, mais la Tunisie ne saurait plus être pour elle une chasse gardée comme autrefois, les Qataris investissement beaucoup chez nous, les Chinois bientôt», résume Samir Dilou, l’actuel ministre islamiste des droits de l’homme, marié à une française, un des hommes forts du gouvernement actuel. « Nous sommes condamnés à nous entendre, nous n’allons pas trop fouiller pour savoir si la France aurait préféré avoir d’autres interlocuteurs que nous », déclare-t-il au « Monde Diplomatique ». Personnalité ouverte incarnant l’aile moderniste du mouvement islamiste, cet ancien détenu des geôles du régime défunt ajoutera pourtant à propos du soutien français à Ben Ali: « Nous ne sommes pas rancuniers, mais nous n’oublions pas ». A bon entendeur, salut !
La Tunisie est aujourd’hui une mosaïque. Les Français ne veulent à aucun prix préjuger des résultats des élections annoncées pour juin et probablement reportées en Octobre. Ce qu’ils souhaitent, sans pouvoir le dire, c’est que la transition s’achève vite. Ainsi note-t-on dans la fiche pays sur la Tunisie éditée par l’Agence française pour le développement, c’est que « la finalisation de la constitution » permette « l’adoption de politiques structurelles capables de redresser la croissance ». Autant d’incertitudes….

Le retour du refoulé

Assiste-t-on, au total, pour autant à une reconciliation des élites médiatiques et politiques françaises avec la Tunisie nouvelle? La réception fastueuse dont a bénéficié à l’Elysée cet été le président tunisien, Moncef Marzouki, augure-t-elle d’un approche chaleureuse de la transition tunisienne ? Les liens personnels entre le président Hollande et Mustapha Ben Jaffaar, président de l’Assemblée Constituante, ont-ils favorisé les retrouvailles entre les deux pays ? Pas vraiment.
Ces derniers mois, les visites ministérielles se sont espacées, les crédits se font plus rare et le président français, François Hollande, tarde à effetuer la visite officielle désormais promise. A l’évidence, d’autres dossiers, comme la possible intervention militaire face à la présence djihadiste au Nord Mali ou le renversement d’Assad, sont placés au dessus de la pile au Quai d’Orsay.
Au delà des soucis d’agenda, il reste une méfiance viscérale d’une grande partie de la gauche française pour une transition démocratique dominée par des islamistes. La gauche française n’a pas forcément le bon logiciel pour soutenir le nouvel alliage entre la démocratie et l’islamisme, qui lui est vendu à Tunis. Le jeudi 22 novembre, lors d’une réunion de la Fondation Chirac, Yasmina Benguigui, qui revenait tout juste du festival de cinéma de Carthage, prends la parole pour regretter « la régression des droits de la femme » dans la Tunisie d’aujourd’hui. Coutumière de ces sorties intempestives, la ministre n’avait pas réalisé que se trouvait dans l’assistance, le tout nouveau ambassadeur de Tunisie à Paris, Adel Feki. C’est peu dire que cette intervention a choqué ce diplomate !
Autre illustration de ces frilosités françaises, François Zimeray, ambassadeur pour les droits de l’homme, ancien député européen du Parti Socialiste, s'est rendu tout récemment en Tunisie, les 13 au 14 novembre 2012. Ce diplomate proche de Laurent Fabius, ministre des Affaires Etrangères, a plaidé pour l’édification de l’état de droit et rencontré les associations de femmes. Etait il pour autant le meilleur émissaire ? Pas forcément.
Peu de temps après le départ de Ben Ali, le même expert ès droits de l’homme avait commis dans « le Monde » en février 2011 une déclaration qui fera date : « Ben Ali n’était ni un démocrate, ni un dictateur, mais plutôt un gangster éclairé ». Gangster, certes… mais en quoi Ben Ali était-il éclairé ? Espérons qu’il ne s’est pas lancé dans de trop grandes explications face à un Samir Dilou, ministre des droits de l’homme qui a passé dix sept ans dans les geôles de Ben Ali.
La méfiance face au gouvernement tunisien actuel imprègne également la haute fonction publique, comme l’explique un sherpa socialiste de bercy: « Beaucoup de hauts fonctionnaires durant les réunions ministérielles sur la Tunisie semblent penser que la France est trop appauvrie pour se payer le luxe d’aider les barbus tunisiens ». Beaucoup à Paris restent sceptiques face à la fine dialectique de Rachid Ghannouchi, aussi bien avec les modernistes qu’avec les salafistes de la mouvance qu’il incarne à lui seul. Mais les Français sont condamnés à changer de boite à outils, à modifier leurs éléments de langage et à ne pas refaire les erreurs de l’ère Ben Ali, en fantasmant sur une Tunisie qui n’existe plus.
Ne serait ce que par réalisme d’Etat, afin de sauvegarder de bonnes relations avec un des derniers pays francophones et francophiles d’Afrique !
 


jeudi 27 décembre 2012

Ennahda (MTI) selon la justice canadienne (Partie 4) Rached Ghannouchi, ou l’aile terroriste et radicale du mouvement :


NB : L'intégralité de ces textes est publiée sur le site du Commissariat à la magistrature fédérale Canada 
http://reports.fja.gc.ca/fra/2002/2001cfpi1043.html

3-      Rached Ghannouchi, ou l’aile terroriste et radicale du mouvement :


« La violence n'a pas eu comme seul effet de choquer l'opinion publique. Trois semaines plus tard, le 7 mars 1991, `abd-Fathah [sic] Mourou a fait une déclaration selon laquelle lui-même. Fadhel Beldi (un ancien chef intérimaire du mouvement) et Benaissa Demni «gelaient» leur qualité de membre d'Al-Hahda en raison de l'usage de la violence dans l'attentat de Bab Souika. Mourou a annoncé qu'il recherchait toujours le dialogue avec le gouvernement et a critiqué Ghannouchi et la direction de l'organisation au pays pour avoir choisi le chemin de la violence.

La scission initiée par Mourou indiquait fortement que le mouvement avait décidé de s'engager dans l'affrontement violent.

Tandis que les Saoudiens coupaient évidemment les vivres aux mouvements islamistes qui les avaient condamnés, entraînant quelques scissions, comme celle qui, en Tunisie, partagea An Nahda entre modérés plus proches de l'Arabie Saoudite (Abdel Fatah Mouro [sic]) et radicaux (Ghannouchi).

Cette scission au sein de l'organisation révèle aussi les tensions entre les extrémistes et les traditionalistes sur les questions de la pratique de l'Islam et du nationalisme islamique (ibid). Selon Radio France International, Abdel Fattah Mourou et un groupe de partisans se sont dissociés du mouvement Al-Nahdha pour fonder un nouveau groupe politique qui plaiderait en faveur d'une vision plus modérée de l'Islam (27 octobre 1991).

D'autre part, un rapport du Comité d'avocats pour les droits de la personne (CADP) indique que le chef en exil d'Al-Nahdha, Rachid Ghannouchi, a forgé des liens de plus en plus étroits avec des dirigeants islamiques extrémistes de l'Iran, du Soudan et d'autres pays connus pour leurs violations des droits de la personne (Oct. 1993, 6).

Lorsqu'on a refusé à Hizb al-Nahda (le Partie de la Renaissance) l'autorisation de présenter des candidats aux élections nationales de 1989 et aux élections locales de 1990, les relations entre ce parti et l'État se sont envenimées de nouveau et le mouvement est redevenu clandestin et voué à l'affrontement violent avec les autorités, particulièrement dans le domaine de la politique dans les milieux étudiants (dans lesquels il constitue une faction dominante): lorsqu'il a provoqué des troubles sur les campus, des attaques à la bombe en milieu urbain et une tentative de coup d'État dans la première moitié de l'année 1991, il a de nouveau été visé par des arrestations massives et s'est scindé une seconde fois, Mourou examinant la possibilité de créer un parti légal et Ghannouchi, en exil, plaidant en faveur des militants aguerris

Fait intéressant, à la fin des années 80, Mourou partageait l'acceptation de la violence de Ghanushy dans le cadre de la résistance aux campagnes de répression croissantes du régime. Mais s'il a changé d'avis à cet égard, Ghanushy, lui, ne l'a pas fait.

Dans un communiqué, M. Qassen reproche à son chef, Rached Ghannouchi, de manquer de méthode claire «de préférer la force à la raison», de tenir des discours emflammés [sic], irresponsables et non réalistes dont l'affrontement avec le pouvoir ayant entraîné l'emprisonnement et l'exil de beaucoup d'autres. »


   4- Conclusion :  
« Le second tribunal a conclu que, malgré le fait qu'il ait une crainte bien fondée de persécution en raison de ses opinions politiques, le demandeur devait être exclu »

L'intégralité de ces textes est publiée sur le site du Commissariat à la magistrature fédérale Canada 
http://reports.fja.gc.ca/fra/2002/2001cfpi1043.html

mercredi 26 décembre 2012

المختار اليحياوي: ثورة بلا عدالة...


عندما تنحرف الثورة عن التأسيس لنظام قائم على العدالة يصبح وضع الحرية الحالي ظرفيا اقرب للسراح المؤقت ضمن إرهاصات مرحلة انتقالية لم تصل بعد لدرجة ضبطها وفق المنظومة التحكمية الجديدية التي سيقع إرسائها.
ليس من الصعب اليوم استشعار من سيكون الضحية و من سيصبح الجلاد. فالوضع في أقصى حالاته لن يتجاوز مجرد تبادل أدوار و لو أن الصراع لم يحسم حاليا على حساب النظام القديم. فالنظام القديم في بنيته الأساسية باق في كل الأحوال مادامت العدالة غائبة و لن تتجاوز نتيجة الصراع القائم حاليا تحديد الوجوه التي ستتصدر السلطة في حالة الإستتباب.
لقد رحل بن علي و قوضت دائرة النهب القريبة المحيطة به، لا شك في ذلك و لكن منظومة الإستبداد أعمق جذورا من نظامه و أشد إستحكاما من حكمه. عصية عن الإستئصال. و نحن التونسيون في تركيبتنا الذهنية الأزلية ندين بالموالات لكل غالب و الناس على دين ملوكهم و في الغالب بمجرد النفاق وقلة نادرة فينا تنتصر دوما للمبادئ و تتحدى كل التجاوزات. لذلك كانت الثورة الحقيقية أن ندرك سرعة تلوننا و نبدأ الثورة على ما درن علينا من موروث عقليتنا.
"الدولة ظالمة" بهذه العبارة تختزل ذاكرتنا الشعبية العلاقة بين الحاكم و المحكوم. و كيف لها أن لا تكون إلا كذلك و هي لم تكن أبدا غير ذلك. نحن لا نفرق بين الدولة و النظام القائم، لأننا نعرف أن من يملك السلطة يملك الدولة بجندها و بوليسها و حكامها و أعوانها و إعلامها و أموالها. و بمجرد سقوط طاغية تتحول كل هذه الأجهزة للبحث عن مخدوم جديد لأنها لم تكن أبدا مؤسسات و لا في غير خدمة أصحاب السطوة و الجاه.
و عندما تضعف الدولة و تلوح بوادر إنهيارها يشعر بذلك أعوانها بقدر ما يستشعره ضحاياها. لذلك ينتفض محكوميها ويحاولون إغتصابها كل قدر جهده و بقدر المستطاع لأنهم لا يتأملون منها شيئا عندما تستعيد قوتها و تنظم أجهزتها سوى إعادة التنكيل و النهب من جديد ضمن علاقة القهر و الإستعداء الأزلية القائمة.
لذلك عندما نحلم بدولة العدل و الحرية إنما نحلم بعالم جديد و يسرح بنا الخيال بعيدا بعيدا في طوباويته المغرقة في مكبوت أحلامنا. إن كل ما يذكرنا بالعهد البائد يوقظنا بعنف من هذا الحلم الجميل و عندما نستيقظ على نهب السلطة و السعي المحموم للسيطرة عليها و على كل مفاصلها نعلم أن السلطة ليست هدفا في حد ذاتها، لقد خبرنا ذلك مرارا و تكرارا كلهم بدؤوا مبشرين ومصلحين و لم تتغير النتيجة، كل من نهب السلطة سينهب الوطن. لذلك ندرك أننا في وضع حرية مؤقتة في ضل دولة ظالمة.
لقد فشلتم... هذا إن صدقنا حسن نيتكم عندما كان يجمعنا النضال المشترك ضد دولة الإستبداد و الفساد. إن فجر الإنعتاق و الحرية الذي لاح متاحا في وجه شعبنا يوم 14 جانفي كفرصة فريدة و كأنها ليلة القدر تكاد تكون الأولى منذ أكثر منذ ثلاثة آلاف سنة تلوح اليوم ملبدة بالغيوم مهددة بالتحديات تكاد تخبو روحها و تفقد جذوة الإيمان بها.
لقد فشلتم... إذا كنتم تعتقدون بما ظهر من ممارساتكم على مدى الحولين الماضيين و ما أرسته من علاقة مع مجموع شعبكم ستنتصرون وحدكم على منظومة الإستبداد التي استردت أنفاسها و استجمعت قواها و استعدت لمواجهتكم.
سوف لن يجدي نفعا تغيير وزير بوزير و لا حتى كل حكومتكم، أنتم تهرولون لبيعة جديدة لأنكم تريدون السلطة و السلطة في أيديكم و تنسون أن الثورة قامت لإعادة تأسيس الدولة حتى يصبح تولي السلطة سيان أيا من كان بتمكن الشعب من آليات السيطرة على حاكميه.
تريدون السلطة و نريد العدل و لن تكون نهاية العالم أن تتغلب السلطة على العدل مرة أخرى لأن العدل سيضل في النهاية الهدف الأعلى و الأمل المنشود و حلم الأجيال اللاحقة كما كان حلمنا و حلم آبائنا و أجدادنا و من سبقهم من أسلافنا بقدر إدراكنا و إدراكهم أن لا ضمان لحرية بدون عدالة و أن لا شرعية بدون انتصار لقضايا المظلومين و المحرومين لاسترداد حقوقهم و كرامتهم الوطنية.
قد تقولوا ماذا يقول هذا فهذا ما نقول. أكتبوا دستوركم فصلوا سطوره وفصوله بقدر ما تسمح به عبقرية بيانكم ثم تسائلوا من أنتم لعلكم كنتم منا و كنا منكم و لكننا لحد الآن لا نكاد نعرفكم.


المختار اليحياوي
تونس في 26 ديسمبر 2012

WikiLeaks : les diplomates américains pointent le régime « sclérosé » de Ben Ali en Tunisie

La Tunisie n’a pas grand-chose à se reprocher en matière de droits de l’homme. Il y a bien eu « quelques problèmes », mais le gouvernement y remédie, puisque « des dizaines » d’officiers de police ont été jugés pour « corruption ou autres délits ». Malheureusement, « certaines ambassades », à Tunis, et « des organisations de défense des droits de l’homme » ont pris prétexte de la lutte antiterroriste menée par le gouvernement pour multiplier les critiques. Ça n’est pas une « attitude amicale »… Le télégramme américain qui résume la rencontre, au printemps 2008 à Tunis, entre le président Zine El-Abidine Ben Ali et le sous-secrétaire d’Etat américain chargé des affaires du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord, David Welch, ne dit rien de la réponse du diplomate.
Mais d’autres mémos, obtenus par WikiLeaks et révélés par Le Monde, permettent de se faire une idée précise du régime tunisien vu par les diplomates américains. Dans un câble daté de juin 2008, sous le titre « Ce qui est à vous est à moi », l’ambassade décrit la corruption organisée par l’entourage familial du chef de l’Etat -« la Famille »- qualifié de « quasi-mafia ».
Plus d’une dizaine d’exemples sont cités. Ici, c’est l’épouse du président qui se voit accorder gratuitement par l’Etat un terrain, qui sera viabilisé tout aussi gratuitement, pour construire un établissement scolaire privé, revendu depuis. Là c’est un gendre qui récupère « un immense manoir tape-à-l’œil » construit sur un terrain exproprié par l’Etat, officiellement pour les besoins de l’Agence de l’eau.
Plus loin, c’est un autre gendre qui acquiert 17% de la Banque du Sud à la veille de sa privatisation, et qui revendra ses actions « avec un confortable bénéfice » à un consortium bancaire hispano-marocain, lui assurant ainsi le contrôle majoritaire qu’elle souhaitait…
« LE PRÉSIDENT PREND DE L’ÂGE »
A l’été 2009, un autre mémo élargit le champ de vision et, non sans avoir salué la robuste croissance économique (5% en moyenne depuis dix ans) et le statut avancé de la femme, recense les « gros problèmes » du pays. « Le président Ben Ali prend de l’âge, son régime est sclérosé, et il n’y a pas de successeur avéré, peut-on lire. Beaucoup de Tunisiens sont frustrés par le manque de liberté politique et en colère contre la corruption de la famille de la première dame, le taux de chômage élevé et les disparités régionales. L’extrémisme reste une menace. Confronté à ces problèmes, le gouvernement n’accepte ni critique ni conseil, qu’il vienne de l’intérieur ou de l’extérieur. A l’inverse, il ne cherche qu’à imposer un contrôle plus strict, souvent en s’appuyant sur la police. Résultat : la Tunisie est à la peine et notre relation [avec elle] également. »
Pour les diplomates, travailler en Tunisie est devenu très difficile. Les contrôles,« mis en place par le ministre des affaires étrangères », les contraignent à avoir une permission écrite avant tout contact avec un officiel. Une demande de réunion doit être accompagnée d’une note diplomatique. « Beaucoup restent sans réponse », précise un mémo.
PRIVILÉGIER LA DISCRÉTION
Maintenir des contacts avec les militants de la société civile est une gageure. Et les Tunisiens invités à des réceptions par l’ambassade font l’objet d’intimidations par des policiers en civil postés à proximité.
Quelle devrait être la politique de l’administration Obama en Tunisie ? Poursuivre les contacts avec l’opposition et la société civile. Continuer à critiquer « l’absence de démocratie et le peu de respect pour les droits de l’homme », le faire « de façon très claire, le plus souvent possible, et à très haut niveau », mais, à rebours de l’administration Bush, en privilégiant la discrétion.
Les Etats-Unis, ajoute le télégramme, devraient aussi demander aux pays européens d’intensifier leurs efforts pour « persuader le gouvernement tunisien d’accélérer les réformes politiques ».
L’Allemagne et la Grande-Bretagne sont acquis à cette idée, mais « des pays-clés comme la France et l’Italie hésitent à faire pression » sur la Tunisie.



mardi 25 décembre 2012

خطير جدا: البوليس السياسي و سياسة المحافظة على فساد الجهاز الأمني بتونس



حققت التجربة النقابية الأمنية بتونس خلال سنة مكتسبات لمنتسبيها، لكنها أثارت غضب السلطة والمواطنين بسبب ما فُهم أنه  
 اذ يرى  العديد انها"ممارسة ل"سياسة لي الذراع"    وهو ما أعاد طرح سبل التوفيق بين المطالب النقابية والوضع الخاص لجهاز " تحتاج لإصلاح شامل.
مضايقة النشاط النقابي
اتهمت نقابات أمن تونسية  في عديد المناسبات "قيادات أمنية" بوزارة الداخلية ب"محاولة تدجين وهر سلة
المؤسسة الأمنية

ودعت النقابة الوطنية لقوات الأمن الداخلي والاتحاد الوطني لنقابات قوات الأمن التونسي (غير حكوميين) في بيان وزير الداخلية علي العريض إلى "ضرورة حث القيادات الأمنية على الكف عن مضايقة النقابيين وتعمد نقلهم (من مراكز عملهم إلى مراكز أخرى) دون مبرر شرعي، التزاما بما تضمنته المواثيق والمعاهدات الدولية" وإلى "وقف نزيف النقل التعسفي ومراجعته".

وقالتا إن قيادات في وزارة الداخلية "ترفض" العمل النقابي في المؤسسة الأمنية الذي اعتبرته "مكسبا ثوريا وتاريخيا".

وطالبت النقابتان بإشراكهما في "جميع المجالس الإدارية" التي تخص موظفي وزارة الداخلية وخاصة لجنة "التأديب".

وجددتا الدعوة إلى "التنصيص ضمن الدستور الجديد على مبدأ الأمن الجمهوري المحايد وبعث هيئة عليا لإصلاح المنظومة الأمنية تتولى إعداد مجلة قانونية لقوات الأمن الداخلي ويكون الطرف النقابي ممثلا فيها".
".

وتعد تونس نحو 65 ألف عنصر أمن بحسب إحصائيات أعلنتها وزارة الداخلية في وقت سابق.

و هذا و تتهم القيادات النقابية سلطة الإشراف  بزرع البوليس السياسي داخل النقابات  لضرب العمل النقابي
و قد تحصلنا على قائمة اسمية   بالأمنيين العاملين بالنشاط النقابي صلب العديد من النقابات






نقابة موظفي الإدارة العامة لوحدات التدخل
الأسعد كشو
و الذي يتردد في شانه انه سيحال إلى التقاعد الو جوبي  نظرا لاقتناع الوزارة بفساده وهو ضابط تابع لإدارة السجون مختص في كتابة التقارير السرية ضد المساجين السياسيين  و زملائه أيضا و خاصة أثناء عمله بالسجن المدني بمدنين "حربوب"و عند إلحاق طلائع السجون بالإدارة العامة للتدخل تم إلحاقه بوشوشة  و كانت مهمته كتابة التقارير ضد زملائه وهو معروف بكتابة تقرير ضد عون امن تزعم العمل النقابي أثناء الثورة  و يعرف هذا التقرير تحت المصطلح الأمني "منزوي" آو "الانزواء" هذا التقرير و غيره كان يرفع إلى جهات معينة  و كان الضابط الأسعد كشو يكتب ذلك بمقابل  وهو مصنف "خطير جدا على امن الدولة " و قد قام في المدة الأخيرة بكتابة تقارير سرية  و إشعارات فورية ملغمة  لتصل إلى 286 تقرير
زهير سماط
نقيب فاسد تعلقت به عديد القضايا الإدارية  إضافة إلى التحرش الجنسي و قد استولى على سيارتين إثناء الثورة  من سيارات عائلة الطرابلسية  مهمته كتابة التقارير السرية  و المعروف عنه في الأوساط الأمنية انه عديم الشخصية و كان (قواد) بامتياز
مهدي  الشاوش
نقيب مختص في كتابة التقارير العادية الموجهة و يعتبر الواشي رقم 1 بالإدارة العامة
أما في الجهات فقد كان الأبرز
بنزرت :مجدي ألسلامي وهو رئيس خلية الإرشاد
القصرين :محمد العتيري الشعباني :رئيس خلية الإرشاد
مدنين:مصباح ثابت :رئيس خلية الإرشاد
قبلي:محسن مسلم : رئيس خلية الإرشاد
صفاقس:عبد الرزاق حمزة :رئيس خلية الإرشاد الجامعي
سوسة: سالم المر واني : المصالح المختصة
سليانة: خليل بوبكري : إرشاد  و أنيس ألمقعدي و ياسين بركة (إرشاد امن الرئيس)
حندوبة: محمد مناعي :الإرشاد
المنستير : سليم ألسائحي (نقيب فاسد) و عادل حمدي (نقيب متورط في قتل روح بشرية أثناء الثورة  و محكوم عليه بالسجن)
النقابة الوطنية (شرطة)
المكتب التنفيذي
نبيل ألعياري: إرشاد الأمن الجامعي ثم الاستعلامات العامة (مختص في كتابة التقارير السرية)
رياض ألرزقي : المصالح الفنية  مهمته المتابعة و تضييق الخناق على السياسيين و الرموز الفنية  و خاصة الساسة و الحقوقيين  يكتب التقارير السرية بعد الملاحقة
شكري حمادة :  عرف عنه التحيل و الابتزاز و المتاجرة بالمخدرات  ضمن المؤسسة الأمنية ملفه الإداري غني عن كل تعليق
رضا ألحاجي : بالمصالح الفنية  مهمته كتابة التقارير السرية  و الإشراف على التعذيب  و كل الممارسات القمعية  مثل الخلق و التلفيق و التزوير
محمد البلدي : بالمصالح الفنية  مهمته التصوير الفوتوغرافي  الموظف و كتابة التقارير الإرشادية
علي الشيحاوي  : وهو تابع إلى إرشاد إقليم تونس عمل لمدة 23 سنة في كتابة التقارير السرية  و خاصة ضد أعضاء الاتحاد العام التونسي للشغل  وهو مصنف خطير جدا  من حيث كتابة التقارير
محمد رضا زيتون : هو بامتياز كذاب النقابة الوطنية الأمنية  مختص في التحايل ة الاستغلال  صديق مخلص للمديرين الفاسدين  لا يرحم في كتابة التقارير السرية  يقوم بذلك حتى مع اقرب الناس إليه و لو كان أبوه أو أمه
و ليد بو زغاية : عمل بالاستعلامات العامة سابقا وهو حاليا يعمل بالإرشاد
عبد المجيد عيادي : يعمل بسيدي بوزيد  (الإرشاد و التقارير)
كمال البوغانمي : يعمل بالإرشاد بأمن إقليم تونس
عادل مصباحي : فرقة الأبحاث و التفتيش و كتابة التقارير
رياض ألرزقي: المصالح الفنية ,المتابعة و كتابة التقارير
اتحاد نقابات الأمن التونسي
منتصر الماطري
ذو الأصول اليهودية  بداياته كانت أن عمل نادلا (شرطة) لدى الرئيس المخلوع و كان واشيا بامتياز لعائلة بين علي و متملق لها بامتياز  و كانت  مهمته تلميع صورة النظام السابق و الأمنيين لا ينسون له انه بكى بحرقة يوم فرار سيده المخلوع و كان يرفض تصديق ذلك
ألصحبي الجوييني
كان يعمل سابقا بإدارة الرئاسة  مختص في كتابة  التقارير السرية  لفائدة امن و إرشاد رئيس الدولة  على علاقة وثيقة بالجامعة  الدستورية ببن عروس  ثم تم طرده من الرئاسة نظرا لتحزبه المبالغ فيه  خاصة بعد أن أصبح ينشط علنا صلب شعبة بن عروس  فتم إلحاقه بالإدارة العامة للمصالح الفنية  وهو الآن مواظب على كتابة التقارير السرية  و الموجهة لفائدة جهة معينة  و يطلب منه أيضا كتابة تقارير موجهة لضرب أمنيين أو أشخاص معينين ليصبحوا هدفا له لكتابة تقاريره
عماد الحاج خليفة
مختص في كتابة التقارير  و حفظ أرشيف  المصالح المختصة و الاستعلامات العامة  و المصالح الفنية
حازم التونسي
مختص في التصنت  و الاستعلام  من خلال سماع المكالمات الهاتفية و رفع التقارير


سننشر إليكم قريبا  حقيقة العلاقة بين وزير الداخلية  و القادة الأمنيين  فالسيد علي عريض يتوقع انه طوع الوزارة إلى رغبات حزبه  وهو يعمل على ذلك بكل جهد  لكن العديد من القادة الشرفاء يدعون إلى تحييد المؤسسة الأمنية و دسترة الأمن الجمهوري
إلى اللقاء في مقال قادم
الجيلاني قراوي